FRANCE(du 18/11/2002 au 02/02/2003)(fin de la deuxième partie)
par ERIC JL BRETON

Publié le mardi 28 janvier 2003



Mardi 28 janvier 2003

CULTURE

Propos préliminaires de Jean-Jacques Aillagon
à l'occasion de la Table ronde sur l'édition, la distribution et la librairie

28 janvier 2003

Liste des participants à la Table ronde

Mesdames, Messieurs,

Je vous remercie d'avoir bien voulu accepter de participer à cette table-ronde. Je vous vois nombreux, représentatifs de la diversité des professions du livre. Je sais que nos discussions, nos débats nous permettront d'exprimer et de clarifier les points de vue des uns et des autres, sur les problèmes que connaît votre secteur, d'approfondir l'analyse des pouvoirs publics et d'engager, je l'espère, un processus positif pour toute la chaîne du livre.

La chaîne du livre, vous le savez mieux que quiconque vous qui en êtes les acteurs, repose sur des équilibres et des solidarités entre ses différents maillons. Nous devons maintenir ces équilibres, les garantir et même les renforcer, si nous ne voulons pas que soient mis en péril la diversité de la création, la diversité éditoriale, l'accès du public au livre et, à moyen terme, la viabilité économique même du secteur, qui est étroitement liée à cette diversité.

La défense de ces équilibres et de cette diversité constituent par ailleurs les fondements des mécanismes de régulation du marché du livre que sont, à côté des aides directes à l'édition et à la librairie, la législation sur les droits des auteurs, le taux de TVA réduit et, en tout premier lieu, la loi du 10 août 1981 sur le prix du livre, que la loi sur le droit de prêt viendra renforcer, en plafonnant les rabais aux bibliothèques. Cette loi de 1981 c'est notre bien commun. Mais, nous le savons, elle n'a pas que des amis. Gardons-nous tous de la fragiliser !

Cette loi a permis de maintenir et, plus encore, de développer et de moderniser le réseau des librairies françaises. Si les grandes surfaces spécialisées et la grande distribution ont elles-mêmes étendu leur réseau, elles tiennent aujourd'hui un rôle majeur mais pas exclusif. Cela tend à prouver que le marché du livre, bien qu'encadré, est resté un marché libre et ouvert. Je défends l'idée que cette loi est une véritable loi de concurrence car la diversité des points de vente assure une émulation qui est profitable tant au consommateur qu'au marché lui-même.

Les évolutions du marché voisin du disque montre a contrario combien l'absence de régulation renforce la concentration et conduit à un appauvrissement de l'offre qui, dans de nombreux pays, explique la crise profonde de l'industrie musicale.

L'économie du livre n'est pas dans une situation aussi périlleuse et je tiens à saluer le dynamisme du secteur, son incessante capacité de renouvellement grâce au professionnalisme et à l'engagement de l'ensemble de ses acteurs, des auteurs aux libraires en passant évidemment par les éditeurs et par leurs relais en matière de diffusion et de distribution.

Pour autant, je l'ai dit, depuis que j'ai pris mes fonctions, je n'ai cessé d'être sensibilisé à l'aggravation de certaines difficultés dans le fonctionnement même de la chaîne du livre. Vous le savez, je me déplace beaucoup. Ces déplacements m'ont permis de rencontrer de nombreux libraires, et des éditeurs en régions. C'était notamment le cas à Toulouse et Rodez, autour des éditeurs et des libraires de Midi-Pyrénées. J'ai pu prendre à cette occasion une meilleure connaissance de ces difficultés que vous connaissez les uns des autres. En prenant l'initiative de la table ronde qui nous réunit, j'ai considéré que nous ne devions pas avoir peur de faire de ces questions l'objet d'une réflexion collective et d'un débat. Nous savons tous que ces difficultés ne sont pas récentes, et nous pourrions tous dire, comme Phèdre : "…mon mal vient de plus loin". Mais nous sommes aussi tous parfaitement conscients, que la situation créée par les déboires du groupe Vivendi et la mise en vente de son pôle édition rend notre réflexion non seulement nécessaire, mais indispensable et urgente. C'est cette urgence qui en a déterminé la date. Je n'ai pas voulu, je n'avais pas à tarder plus longtemps à répondre à une demande pressante de la majorité des acteurs du livre.

Notre table ronde, je souhaite le rappeler, ne préjuge en rien des décisions que seules les autorités de la concurrence seront habilitées à prendre. Je connais les procédures en cours et je les respecte parfaitement. Je connais les différences d'appréciation qu'il y a, à ce sujet, ici-même, entre les uns et les autres, et je les respecte tout autant. En tout état de cause, quel que soit le résultat du processus en cours, et a fortiori s'il aboutit à une nouvelle concentration, mon souci est que les autres acteurs de la chaîne du livre, libraires et éditeurs, n'en soient pas lésés.

Le débat qui s'est engagé sur l'avenir de l'édition et de la librairie françaises a mis en avant les risques de la concentration sur les équilibres entre les acteurs de la chaîne du livre. La fragilité des librairies face à ce risque a été fortement soulignée. A mes yeux, ce débat a également révélé combien la situation des librairies restait de toutes manières encore très vulnérable et combien leur développement et leur dynamisme pouvaient être suspendus à des évolutions commerciales et économiques sur lesquels leurs dirigeants n'ont que peu de prise.

Je sais que la grande majorité des éditeurs sont très sensibles à la situation des librairies car ils savent combien elles comptent pour eux. Je fais confiance à ces mêmes éditeurs qui ont porté la loi sur le prix unique du livre et qui l'ont continuellement défendue pour s'associer à la volonté qui est la mienne de renforcer la place de la librairie dans la chaîne du livre et, ainsi, la diversité et la viabilité de l'édition elle-même. Je citerai le seul exemple de l'ADELC, représentée ici, qu'a présidée Jérôme Lindon durant de nombreuses années et qu'ont aujourd'hui rejoint plusieurs dizaines d'éditeurs pour illustrer la convergence d'intérêts entre l'édition et la librairie indépendante.

Cette solidarité doit continuer de s'exercer, quelles que soient les évolutions du paysage éditorial français. Mais comment pourrions-nous garantir le développement équilibré du marché du livre si nous n'étions pas en mesure d'appliquer aujourd'hui, dans leur intégralité, la lettre et l'esprit de la loi de 1981 ?

Je fais ici référence aux dispositions de la loi relatives à la construction de la remise commerciale et à la reconnaissance du travail qualitatif des librairies. Je souhaiterais recueillir votre opinion sur l'application effective de ces dispositions. Ce travail qualitatif se traduit concrètement par la présentation d'une offre diversifiée liée notamment au système de l'office, par un personnel qualifié ou par une participation à la vie culturelle locales. Tout cela représente une plus-value mais également un coût que doivent bien intégrer les conditions commerciales.

Certains d'entre vous m'ont également sensibilisé à d'autres aspects des relations entre éditeurs et libraires, les délais de paiement, les encours financiers, la transparence des conditions de vente ou le fait que la négociation commerciale échapperait de plus en plus à l'éditeur au profit de son seul diffuseur. J'ai également entendu à de nombreuses reprises l'inquiétude des libraires face à l'augmentation de leurs charges, qu'il s'agisse du personnel, du coût des baux en centre-ville ou des frais de transport. Je souhaiterais que cette table-ronde soit l'occasion de recueillir votre sentiment sur ces questions.

Je n'oublie pas d'autres questions qui vous préoccupent, qu'il s'agisse des conditions dans lesquelles la gratuité du livre scolaire s'est mise en place dans certaines régions ou encore des projets récents de vente du livre par la presse. En tout état de cause, sur la gratuité du livre scolaire, je considère très clairement que les régions doivent, pour des raisons économiques et culturelles, privilégier les dispositifs qui passent par la librairie. Sur la vente du livre par la presse, je suis très sensible aux appréhensions exprimées par les libraires.

Je mesure également l'importance des outils interprofessionnels qui ont été mis en place en matière de bases de données, de transmission des commandes, de transport ou d'exportation du livre. Ces outils permettent à la profession dans son ensemble d'être plus compétitive. Ils illustrent de manière exemplaire la responsabilité commune qui anime les libraires et les éditeurs et doivent à ce titre être maintenus et même renforcés. Je rappelle à ce titre que le ministère de la culture a très largement contribué à leur création et qu'il continue à les soutenir financièrement pour ce qui concerne l'exportation. De ces outils, je souhaite qu'il soit aussi question aujourd'hui.

Je vous remercie une nouvelle fois d'avoir accepté d'engager cette réflexion commune au service de vos professions. Je suis particulièrement reconnaissant aux syndicats des libraires, aux nombreux éditeurs qui sont présents autour de cette table. Je tiens également à remercier, pour leur présence à notre table ronde et leur implication dans nos travaux, le groupe Lagardère et sa filiale Hachette, ainsi que le groupe VUP qui se savent porteur d'une grande responsabilité sur les sujets que je viens d'aborder et qui auront à cœur, je le sais, de faire des propositions concrètes à même de garantir le maintien des équilibres de l'économie du livre. Les discussions de ce matin seront d'une grande franchise. Le groupe Lagardère ne s'y est pas dérobé et je salue cette attitude. Je ne doute pas néanmoins que ces discussions demeureront également d'une grande courtoisie, et que nos travaux seront constructifs et se prolongeront dans la durée selon des modalités qu'il nous appartiendra de définir ensemble. (J'inclus naturellement dans ces modalités le concours, la médiation que pourrait vous apporter, vous proposer la puissance publique).

Je vous propose de passer en premier lieu la parole au Président du syndicat de la libraire française, puis d'entendre les représentants des chaînes spécialisées, avant que le groupe Lagardère, puis les éditeurs ne donnent eux-mêmes leur point de vue.

Liste des participants à la Table ronde

M. Bernard Bésomi

Librairie Autrement

M. Jean-Baptiste Bleu

Editions Francis Lefebvre

M. Benoît Bougerol

Librairie La Maison du Livre (Rodez) Directoire S.L.F

M. Christian Bourgois

Christian Bourgois Editeur

M. Jean-Paul Capitani

Editions Actes Sud

Mme Arlette Céard

Librairie Céart (Embrun) Directoire S.L.F

Mme Elisabeth Cérutti

Librairie Les Sandales d'Empédocle (Besançon) Directoire S.L.F

M. Michel Clair

Librairie La Maison de la BD (Creil) Directoire S.L.F

Mme Nathalie Jouven

Hachette Livre

M. Alain Cordier

Bayard Editions

M. Bertrand Cousin

Vivendi Universal Publishing

M. Christophe Cuvillier

FNAC

M. Bertrand Picard

FNAC

Mme Danielle Dastugue

Editions du Rouergue

M. Gilles de la Porte

Librairie la Galerne (Le Havre) Directoire S.L.F

M. Matthieu de Montchalin

Librairie de l'Armitière (Rouen)

M. Pierre Decitre

Librairies Decitre

M. Eric Delafon

Marquain Distribution Service

M. Jean Delas

L'Ecole des Loisirs (Paris)

Mme Chantal Desmazières

Editions Scala

M. Francis Esménard

Editions Albin Michel

M. Serge Eyrolles

Editions Eyrolles

M. Charles-Henri Flammarion

Flammarion SA

Mme Colette Gagey

Bayard Editions Jeunesse

M. Georges Sanerot

Editions Bayard

M. François Gèze

Editions La Découverte

M. Bruno Gibert

Gibert Jeune S.A

M. Jacques Glénat

Editions Glénat

M. Didier Grevel

ADELC

M. Alain Gründ

Editions Gründ

Mme Colette Hédou

Librairie La Joie de connaître (Lisieux) Président FFSL

Mme Odile Jacob

Editions Odile Jacob

Mme Colette Kerber

Librairie Les Cahiers de Colette (Paris)

M. Charles Kermarec

Librairie Dialogues (Brest) FFSL

M. Alain Kouck

Vivendi Universal Publishing

M. Arnaud Lagardère

Groupe Lagardère

Mme Frédérique Bredin

Groupe Lagardère

M. Loïc Le Costaouec

Espaces culturels Leclerc

Mme Nicole Belit

Groupement Edouard Leclerc

M. Jean Legué

Librairie Legué (Chartres) FFSL

M. Jean-Louis Lisimachio

Hachette Livre

M. Didier Maffray

Librairie Dédale (Paris)

Mme Laurence Marès

Librairie Le Cyprès (Nevers)

M. André Martin

Librairies Alsatia

Mme Claudine Segelle

DGCCRF

M. Henri Martin

Librairie La Machine à Lire (Paris)

M. Denis Mollat

Librairie Mollat (Bordeaux)

M. Georges Monti

Editions Le Temps qu'il fait

M. Jean-Louis Nachury

Hachette Distribution Services

Mme Françoise Nyssen

Editions Actes Sud

M. Jean Orizet

Editions du Cherche-Midi

M. Jean-Marie Ozanne

Librairie Folies d'encre (Montreuil) Directoire S.L.F

M. Nicolas Philippe

Editions Nicolas Philippe

Mme Christine Portelli

Librairie La Bonne Aventure (Poitiers) Directoire S.L.F

M. Michel Prigent

Presses universitaires de France

M. Gérard Proust

Union nationale des diffuseurs de presse

e M. Jean-François Rod

Librairie la Procure (Paris)

M. Jean-Marie Sevestre

Librairie Sauramps (Montpellier) Président du SLF

M. Marc-Olivier Sommer

France Loisirs

M. Christian Thorel

Librairie Ombres blanches (Toulouse) Directoire SLF

M. Philippe Van der Wees

Cultura

Mme Josette Vial

Librairie Compagnie (Paris)

Mme Christine Mouchon

France-Loisirs

Mme Michèle Benbunan

Hachette Livre

M. François de Waresquiel

Citadelle-Mazenod

M. Bernard Gotlieb

Editions Odile Jacob

Jean-Sébastien Dupuit

Directeur du livre et de la lecture

Guillaume Husson

Direction du livre et de la lecture

Geoffroy Pelletier

Direction du livre et de la lecture

Eric Gross

Cabinet du Ministre

Olivier Japiot

Cabinet du Ministre

Denis Roger-Vasselin

Cabinet Education Nationale


[ Discours et communiqués ]

PUBLIÉ PAR ericjeanloicbreton | le 2003-01-28 12:26:04
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Mardi 28 janvier 2003

DISCOURS DE NICOLE AMELINE
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Déclaration de Nicole AMELINE
Ministre déléguée à la parité et
à l’égalité professionnelle

La lutte contre la violence
à l'égard des femmes,
un combat pour l'égalité

le 21 janvier 2003
On trouvera, ci-joint, la communication que j'ai présentée, ce jour, au Conseil des Ministres, à propos de la lutte contre les violences à l'égard des femmes.

Notre premier devoir est de refuser la banalisation.

Chaque mois, six femmes meurent à la suite de violences conjugales.

Une femme sur dix se plaint d'agression au sein de son couple.

Lutter contre l'indifférence, c'est ne pas accepter cette violence, même si elle est fréquemment dissimulée.

Disons-le clairement : il n'y a, dans une société civilisée, aucune fatalité, aucun modèle de domination violente inacceptables. Le seul résultat de cet engrenage est, non seulement de broyer des femmes, mais également de banaliser la violence auprès de leurs enfants.

Mobiliser la société pour la justice, c'est combattre sur tous les fronts.

Au-delà même de la parité et de l'égalité, c'est un combat tout simplement pour la dignité humaine.

Il implique :

  • l'éviction du conjoint violent, y compris par une mesure d'urgence prise par le juge civil ;
  • la vigilance pour prévenir les discriminations à raison du sexe ou de l'orientation sexuelle et l'incitation aux discriminations sexistes ;
  • une série de dispositions afin de lutter contre les violences subies par les jeunes filles et les femmes issues de l'immigration, notamment les mutilations sexuelles et les mariages forcés ;
  • le renforcement de la lutte contre la traite et l'exploitation sexuelle des êtres humains ;
  • l'extension de la lutte contre les violences au travail à celle concernant l'esclavage contemporain, en particulier l'esclavage domestique.

En engageant ce plan d'action cohérent, en me rendant, ce jour, avec le Premier Ministre dans une antenne d'écoute et d'assistance, c'est un signal fort que nous entendons adresser aux femmes d'abord, mais également à l'ensemble de la société : oui, il faut briser la loi du silence, refuser l'indifférence coupable, créer le cadre juridique approprié afin que, dans la patrie des droits de l'homme et du citoyen, les droits des femmes ne soient pas inférieurs.

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PUBLIÉ PAR ericjeanloicbreton | le 2003-01-28 12:24:51
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Mardi 28 janvier 2003

PARIS
CONSEIL DE PARIS.
Hier, les élus de Paris ont planché sur l'avenir de la capitale dans les vingt prochaines années, avec ses déclinaisons logement et déplacement. Aujourd'hui, ils abordent les questions de la culture. Des projets qui ont l'ambition de marquer la mandature Delanoë.




Dix projets culturels pour animer Paris


PARIS VA DEVENIR, selon le souhait de Bertrand Delanoë et de son adjoint chargé de la culture, Christophe Girard, « le lieu emblématique de la culture pour tous ». Au-delà de l'opération Nuit blanche ou des animations culturelles de Paris-Plage, les élus de la capitale veulent offrir des lieux de répétition, de rencontre et de diffusion de l'art sous toutes ses formes. Visite des dix principaux chantiers. 1- 104, rue d'Aubervilliers (XVIII e ). L'ancien bâtiment Pompes funèbres municipales va devenir un lieu emblématique de l'art. Pas moins de 11 000 m 2 de surface offriront aux artistes des espaces de travail et de production pour créer « un bouillonnement culturel ». Une somme de 7,7 millions d'euros a déjà été inscrite. Le début des travaux est prévu en janvier 2005. Une animation temporaire sera organisée entre mars et décembre 2004. Ouverture prévue fin 2006. 2- Gaîté-Lyrique (III e ). La Gaîté-Lyrique sera dédiée aux musiques actuelles et aux arts numériques. Ce sera un espace de création et de diffusion des formes artistiques issues des nouvelles technologies, ouvert aussi bien aux amateurs qu'aux professionnels. Une animation temporaire débutera en mars. Près de 5,5 millions d'euros sont disponibles au budget 2003 pour les travaux de réhabilitation. Ouverture définitive en 2006. 3- Maison des Métallos (XI e ). La Ville a mis à l'étude la restructuration de l'ensemble de ces espaces pour en faire un centre culturel autour de la création, de la formation, de la diffusion d'un pôle numérique et de l'accueil de conférences. Une enveloppe de 3 millions d'euros est inscrite en 2003. Une animation temporaire est proposée depuis le mois de décembre 2002. Début des travaux en 2005. 4- Deux médiathèques (XV e et XX e ). La première sera située rue d'Alleray (XV e ). D'une surface de 4 500 m 2 et d'un coût estimé à 13,8 millions d'euros. La seconde sera construite rue de Bagnolet (XX e ) sur 6 000 m 2 . La première ouvrira en septembre 2006. Aucune date fixée pour la seconde. 5- Salle symphonique (XIII e ). Paris va devoir trouver, en concertation avec l'Etat et la région, un lieu pour accueillir dans les meilleures conditions l'Orchestre de Paris ainsi que les autres formations symphoniques. Jacques Chirac, vendredi, a encore demandé aux collectivités locales de trouver une solution. Le maire du XIII e a proposé sa création dans le quartier Rive-Gauche. Encore aucun accord avec le ministère de la Culture. Aucun budget, aucune date d'ouverture. 6- Les Trois Baudets (XVIII e ). Une partie de l'histoire de la chanson française s'est jouée à Montmartre, en particulier aux Trois Baudets. Ce théâtre va devenir un lieu de création pour les jeunes artistes. Le coût prévisionnel de l'opération est de 2,2 millions d'euros. Ouverture programmée en 2005. 7- Espace cirque (XIX e ). La Ville de Paris et le parc de la Villette se sont associés pour créer un espace de résidences et de création dédié aux arts du cirque, de la rue et des marionnettes. Dix résidences ont été accueillies en 2002, dix-sept le seront en 2003 grâce à une subvention de 130 000 €. En activité depuis juillet 2002. 8- Le Petit Palais (VIII e ). Les travaux engagés sont estimés à 69 millions d'euros. La surface totale passera de 20 000 à 26 000 m 2 et celles consacrées aux collections permanentes passeront de 3 000 à 5 000 m 2 , permettant ainsi de présenter 1 300 oeuvres contre 850 auparavant. Le projet a été initié par l'équipe Tiberi. Réouverture prévue fin 2004. 9- Musée d'Art moderne (XVI e ). Le musée d'Art moderne et la bibliothèque fermeront en octobre pour une durée d'un an environ pendant les travaux de mise en sécurité du bâtiment, évalués à 12 millions d'euros. Construit en 1937, il ne correspond plus aux normes de sécurité actuelle. Réouverture en 2005. 10- Le « 59 » rue de Rivoli (I e r ). Cet ancien squat d'artistes a été acheté par la Ville pour un peu plus de 4 millions d'euros. Le but est de créer des lieux de pratique et de rencontres où artistes et population peuvent se retrouver. Travaux prévus dans les prochains mois.

Eric Le Mitouard Florence Hubin


Le Parisien, mardi 28 janvier 2003

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PUBLIÉ PAR ericjeanloicbreton | le 2003-01-28 11:35:33
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Mardi 28 janvier 2003

ADOPTION
On va augmenter le nombre d'adoptions

INSTALLÉ officiellement ce matin, le Conseil supérieur de l'adoption a un nouveau patron dont la principale ambition est de faire décoller le nombre des adoptions. Yves Nicolin, quadra de province inconnu du grand public, tire sa motivation de l'expérience : ce père de famille, député-maire de Roanne, a adopté ses deux filles Margaux et Mathilde en Sibérie. Il a défendu avec émotion les lois Mattei, l'actuel ministre de la Santé et de la Famille, qui ont constitué les dernières grandes réformes de l'adoption. Bien des embûches se dressent encore sur la route des 20 000 postulants actuels à l'adoption, disposant déjà d'un agrément. Beaucoup, près de la moitié, ne parviendront sans doute jamais à ramener un enfant à la maison. Simplifier les procédures, les rendre égalitaires, et surtout conseiller et aider efficacement les couples et les célibataires dans cette aventure parentale : c'est le pari que relève Yves Nicolin, chargé de formuler des propositions au gouvernement.

On répète, depuis des années, que l'adoption est un parcours du combattant, inutilement long et compliqué, sans que les réformes y changent grand-chose. De quoi ont besoin prioritairement ceux qui veulent adopter ?

Yves Nicolin. Qu'on les aide vraiment ! Les deux tiers se débrouillent seuls, en démarche individuelle. Ils n'ont pas le choix, les Organismes d'adoption agréés (OAA) sont débordés, manquent de moyens et parfois de compétences. J'en ai moi-même fait l'expérience pour adopter en Russie : la seule association d'adoption qui existe en France arrive à traiter 50 dossiers par an alors qu'elle a 3 000 demandes. L'Etat, qui délègue là une mission de service public, lui accorde une subvention annuelle de 1 500 €… C'est tellement misérable que l'association a même renoncé à réclamer cette aumône. Il a bien fallu se passer de ses services, et nous avons mis six mois à trouver une piste dans le pays. Mais ça peut aussi prendre deux ans, c'est comme ça que les choses s'éternisent.

Comment changer cela ?

Mon objectif est d'augmenter le nombre d'adoptions par des candidats français. Pour cela, il faut déjà que les gens soient sur un pied d'égalité au départ, qu'on leur délivre donc un agrément dans les mêmes conditions et de même valeur partout. C'est loin d'être le cas : certains départements tiennent le délai administratif de neuf mois, ailleurs il faut deux fois plus de temps. Ensuite, on constate que sur les 7 000 candidats qui obtiennent l'agrément tous les ans, seuls 4 000 arrivent à adopter. Pour accompagner efficacement ces candidats, je souhaite créer une agence nationale de l'adoption, capable de servir d'intermédiaire avec les pays étrangers. Je n'imagine pas que l'Etat finance une telle institution, il faudra réunir des fonds privés.

« Si l'on décrète l'adoption grande cause nationale en 2004, on verra les énergies se mobiliser » Les Français ne font pas le poids à l'étranger face aux Américains, aux Canadiens, qui financent les orphelinats par des dons massifs. Quelle est votre position ?

C'est crucial, cela explique notamment que 1 300 dossiers sont restés bloqués au Vietnam. Les Américains nous passent devant avec des agences totalement professionnalisées. Nous, avec une agence nationale, on pourra déjà centraliser les dons et régler ces questions de pays à pays en toute transparence. Mais il faut aussi la mobilisation au plus haut niveau de l'Etat. Jusqu'ici, le ministère des Affaires étrangères n'a pas brillé sur ces dossiers, qu'il a souvent traités de façon calamiteuse. Je vais demander une audience à Jacques Chirac : si l'on décrète l'adoption grande cause nationale en 2004, on verra les énergies se mobiliser comme par miracle.

L'autre problème concerne la santé des enfants adoptables, les dossiers médicaux opaques…

Le problème se pose de façon plus aiguë dans certains pays, l'ancien bloc de l'Est notamment, où tout peut varier d'une région à l'autre, d'une pouponnière à l'autre. Pour aller chercher Margaux, l'aînée, nous avons atterri dans un hôpital crasseux, il y avait un rat crevé derrière la porte, une odeur à tourner de l'oeil, de l'eau marron dans les baignoires des bébés. A 100 km de là, nous avons adopté Mathilde, la cadette, dans un orphelinat impeccable, avec un personnel formidable. Mais, dans les deux cas, les médecins ne truquaient pas les dossiers médicaux. Il faut disposer des bons renseignements, des bonnes pistes : ce serait le rôle de l'agence nationale, en lien avec les OAA, de conseiller et d'accompagner les parents adoptifs.

Propos recueillis par Valérie Urman


Le Parisien, mardi 28 janvier 2003

PUBLIÉ PAR ericjeanloicbreton | le 2003-01-28 11:33:24
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Mardi 28 janvier 2003

AEOROPORTS


Le Figaro, n° 18186
Lundi 27 janvier 2003, p. 9

FRANCE; SOCIETE

COUR DES COMPTES Dans leur rapport annuel, les Sages épinglent la gestion d'ADP, responsable des plates-formes d'Orly et Roissy
Les aéroports parisiens sous-utilisés

Marie-Christine TABET

L'année commence mal pour Aéroport de Paris. A peine bue la honte de son impuissance face à la paralysie de ses deux aéroports parisiens, l'établissement public va devoir s'expliquer sur sa gestion dans les tout prochains jours. Dans son rapport annuel, la Cour des comptes devrait publier une étude peu flatteuse sur les choix économiques, commerciaux et financiers d'ADP. Les magistrats estiment que le rapport qualité-prix d'Orly et de Roissy n'est pas bon. Enfin, les rapporteurs de la rue Cambon jettent un pavé sur le tarmac en constatant que les capacités aéroportuaires de la capitale sont sous-utilisées.

La nouvelle promet de hérisser le poil de plus d'un riverain de Roissy et d'Orly. Les magistrats de la Cour des comptes n'ont pas résisté à la tentation d'apporter leur pierre au débat sur la construction d'un nouvel aéroport pour desservir Paris. Même si, en préambule, ils affirment ne pas vouloir porter d'appréciation sur l'opportunité de cette décision, ils mettent en lumière une sous-utilisation des capacités actuelles.

Le sixième complexe aérien mondial formé par Orly et Roissy est, en effet, le seul en Europe à avoir des possibilités d'extension, quand Heathrow à Londres ou Rhein Main à Francfort sont à l'étroit. Sous le précédent gouvernement, ces considérations ont été passées sous silence face à la détermination de l'ancien ministre communiste des transports, Jean-Claude Gayssot, de voir surgir des terres picardes un troisième aéroport. Quelques mois avant les élections présidentielles et législatives, le choix d'un troisième aéroport à Chaulnes avait pris des allures de promesses électorales destinées à s'attirer les faveurs des habitants des banlieues Nord de Paris fief historique des communistes , las d'entendre le balai des avions au-dessus de leur tête. Mais l'arrivée aux commandes du nouveau ministre des Transports a changé la donne. Gilles de Robien, député maire d'Amiens, à quelques encablures des terrains réservés par le gouvernement Jospin, n'a jamais caché son opposition au projet, qu'il a gelé, à peine installé hôtel de Roquelaure.

Selon la Cour des comptes, Orly a d'ores et déjà les moyens physiques d'accueillir 30 millions de voyageurs, alors qu'avant la crise déclenchée par les attentats du 11 septembre, en 2001, leur nombre ne dépassait pas les 25 millions. Quant à Roissy, l'ouverture du terminal E lui permettra d'atteindre les 55 millions de passagers dès 2005, et le projet de construction du terminal S3, s'il est approuvé, porterait l'accueil à 63 millions. En tout état de cause, le doublement des pistes de CDG permettra, lorsqu'elles seront utilisées à plein, ce qui pourrait être possible dès 2004, d'autoriser 750 000 à 900 000 mouvements annuels, soit le transport de 85 à 100 millions de passagers. En deçà, la Cour considère qu'il s'agirait d'un important gaspillage.

Ce sont deux décisions politiques qui ont bridé le développement du trafic des passagers : le plafonnement des mouvements d'Orly à 250 000 par an, et l'engagement pris en 1998 par les ministres de l'Equipement et de l'Environnement de limiter le nombre de passagers à 55 millions à Charles-de-Gaulle. Gilles de Robien a déjà remis en cause cet engagement. Selon les rapporteurs, pour ne pas dépasser cette barre symbolique sur Roissy, il faudrait augmenter sensiblement les prix pour décourager les voyageurs. Un comble. Sinon, le seuil devrait être franchi dès 2005. Or, il n'existe pour l'instant aucune alternative pour accueillir le trafic supplémentaire.

Les magistrats remettent en cause le bien-fondé de cette limitation, en montrant que le nombre de passagers n'a aucun rapport direct avec le bruit émis par les avions. Les progrès techniques permettent, selon eux, de réduire le niveau sonore, tout en augmentant le nombre de passagers. Les magistrats évoquent, par exemple, un autre critère possible pour soulager les oreilles des riverains et calmer leurs légitimes inquiétudes : le non-dépassement du niveau sonore de 1997. Or il ne devrait pas être atteint avant 2015.

La Cour des comptes remarque en outre que les pouvoirs publics ont tout intérêt à débloquer plus largement des subventions pour faciliter les travaux d'insonorisation. Elle déplore que les aides versées aux riverains ne dépassent pas 10 millions d'euros par an. L'exemple des aéroports étrangers montre que ce coût, même s'il grève les finances publiques, serait préférable à la création, beaucoup plus onéreuse, de nouvelles infrastructures éloignées des grandes métropoles.

Le raisonnement des Sages de la rue Cambon, fondé sur la logique financière et économique, aura toutefois du mal à rallier association de riverains et défenseurs de l'écologie. D'autant que, comme le rappellent les magistrats, pour atteindre ces objectifs de trafic, il faudrait également revoir les infrastructures routières d'accès aux aéroports parisiens, qui présentent déjà des signes de saturation.

Encadré(s) :

Un mauvais rapport qualité-prix

Le rapport qualité-prix des aéroports parisiens n'est pas bon, jugent les rapporteurs. La Cour reconnaît que l'établissement a su faire face à un développement sans précédent du trafic (20 millions de passagers supplémentaires entre 1995 et 2000). Mais ADP, qui perçoit sensiblement le même montant de redevance par passager que ses concurrents étrangers, rend un service de moins bonne qualité selon les comparaisons internationales et les enquêtes de satisfaction des voyageurs. ADP estime infondée cette critique. « Refusant de polémiquer », son porte-parole note que « l'appréciation de la qualité des services est totalement subjective ».

En 2000, ADP a engrangé 1 394 millions d'euros de recettes, principalement des redevances aériennes et domaniales versées par les compagnies, leurs sous-traitants et les entreprises aéronautiques mais aussi par ses activités commerciales (assistance en escales, concessions d'espaces). La position monopolistique d'ADP lui permet de collecter de confortables ressources et de conserver une situation économique saine malgré un manque de rigueur financière et comptable. Projets architecturaux coûteux, maîtrise des coûts aléatoires, redevance assise sur des fondements juridiques et économiques fragiles, ADP doit se réformer dans les plus brefs délais.

Deux exemples illustrent cette dérive. Concernant les locations d'espaces (salons, bureaux), les rapporteurs estiment qu'il y règne « un grand désordre ». Les contrats sont souvent signés bien après (jusqu'à sept ans) la mise à disposition des espaces. Les conditions faites à la société Paris-Le Bourget Parc des expositions, qui gère notamment le Salon international d'aviation, ont particulièrement retenu leur attention. Le prix payé est inférieur de moitié au tarif fixé par le même conseil d'administration pour des terrains semblables.

Autre mauvais point pour ADP : le cafouillage dans la mise en place d'un système de transport interne sur Charles-de-Gaulle. ADP a décidé, en 1990, de construire deux lignes pour relier l'aérogare 1 à la gare TGV, en desservant au passage les parkings éloignés, la gare RER et l'aérogare 2 aux TGV et RER. Lors d'un premier contrôle, la Cour des comptes relevait déjà que le jury de l'appel d'offres ne comprenait pas en son sein de spécialiste et qu'il avait surévalué la fiabilité de la technologie choisie, un système de cabines tirées par un câble dans le sol. Un audit réalisé en 1995 par l'inspection générale des finances évaluait déjà un surcoût de 33,5 millions d'euros pour une estimation initiale de 46,2 millions d'euros si le projet entrait en fonctionnement dès 1997. Au final, le fiasco du transport interne de CDG partagé par la RATP chargée de l'exploitation et de la construction et ADP aura coûté 360 millions d'euros sur 15 ans de travaux si le nouveau calendrier d'une mise en service en 2005 est respecté. Près de 150 millions ont d'ores et déjà été dépensés et dix ans se sont écoulés sans résultats concrets.

Illustration(s) :

Selon la Cour des comptes, l'aéroport d'Orly a déjà les moyens d'accueillir 30 millions de voyageurs par an.
(Photo Alain Aubert/Le Figaro.)

Catégorie : Politique nationale et internationale
Sujet(s) uniforme(s) : Transports aériens, aéroports et services connexes
Sujet(s) - Le Figaro : TRANSPORT AERIEN; AEROPORT; ADP; GESTION; COUR DES COMPTES; RAPPORT
Lieu(x) géographique(s) - Le Figaro : FRANCE; ILE-DE-FRANCE; ROISSY; ORLY
Type(s) d'article : ARTICLE; PHOTO
Taille : Long, 962 mots

© 2003 Le Figaro. Tous droits réservés.

Doc. : 20030127LF18186901

PUBLIÉ PAR ericjeanloicbreton | le 2003-01-28 10:41:25
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