FRANCE(du 18/11/2002 au 02/02/2003)(fin de la deuxième partie)
par ERIC JL BRETON

Publié le mercredi 29 janvier 2003



Mercredi 29 janvier 2003

SEROPOSITIVITE
La séropositivité mise sous surveillance
Un nouveau dispositif entrera en vigueur le 1er février.
Par Eric FAVEREAU

mercredi 29 janvier 2003


 
 
 

 

nfin ! Après plus de trois années d'hésitations et de polémiques, le nouveau dispositif de surveillance de la séropositivité entre en vigueur le 1er février. Une bonne nouvelle, apparemment. Depuis 1999, il n'y avait plus aucun système pertinent de contrôle de l'infection à VIH : l'ancien dispositif, qui reposait sur la déclaration obligatoire de la maladie sida, ne correspondait plus à l'épidémie actuelle. Avec l'arrivée des traitements, beaucoup de patients séropositifs ne développent pas la maladie.

Mesure. Dès 1997, dans la plupart des pays occidentaux, les autorités sanitaires ont mis progressivement en place un système de recueil de la séropositivité, sur des bases de confidentialité. Recueil essentiel pour mesurer la progression de l'épidémie, mais aussi pour cerner les groupes les plus touchés. En France, un jeu complexe entre le milieu associatif, politique et les experts de la santé a abouti à bâtir un parcours du combattant. Alors qu'il n'y a jamais eu de bavure dans le système précédent, tous les acteurs ont pris peur. On a multiplié les commissions de pilotage. Une association inconnue se mettait-elle à crier au fichage des séropositifs, on arrêtait tout aussitôt. Et on inventait un nouveau système d'anonymisation des données, digne des secrets du Pentagone. Trois ans ont été perdus. Aujourd'hui, le système, mis en place par l'Institut de veille sanitaire (IVS), est très high-tech. Ce recueil se fait par le biais de laboratoires d'analyses, doublé des médecins de ville qui recoupent les informations cliniques. Puis l'ensemble est adressé à des médecins de la Ddass. Chaque laboratoire ayant préalablement reçu un logiciel de recueil mais aussi un système de destruction des données. Enfin, le tout est adressé à l'IVS qui anonymise une nouvelle fois.

Surveillance. «Un dispositif d'une très haute technologie», insiste-t-on. Qui plus est, doublé d'une surveillance virologique qui tente de déterminer pour chaque cas de séropositivité si la contamination est récente (moins de six mois) ou plus ancienne.

Déception. Mais voilà qu'un grain de sable a brouillé le dispositif. Après un avis négatif de la Cnil (Commission nationale de l'informatique et des libertés), on ne recueillera pas la nationalité d'origine du patient. «Alors qu'aujourd'hui les populations d'origine étrangères sont une des plus touchées, se priver de cette donnée fragilise nos informations» analyse Patrick Simon, géographe. «Je suis profondément déçu», ajoute le professeur Alfred Spira, qui a présidé le comité de pilotage du dispositif. «On a mis un temps fou à mettre au point un nouveau système, on a dépensé beaucoup d'argent, et, au final ­ alors que l'Insee recueille déjà ce genre d'information ­, on ne le fait pas. Le résultat est bancal.» «Certes, nous aurions préféré avoir ce type d'informations», tempère le professeur Gilles Brucker, directeur de l'IVS. «Mais il ne fallait plus traîner. Nous avons aujourd'hui enfin un système exemplaire de recueil de données».

PUBLIÉ PAR ericjeanloicbreton | le 2003-01-29 12:29:00
Permalien | Ajouter un commentaire |



Mercredi 29 janvier 2003

NAISSANCES
DEMOGRAPHIE

Les naissances
sont à la baisse

Selon l'INSEE, quelque 795.700 bébés sont nés en 2002, soit 8.000 de moins qu'en 2001. Les Françaises ont accouché à l'âge de 29,4 ans en moyenne.

 

La France, qui comptait début janvier 61,4 millions d'habitants, départements d'outre-mer inclus, a enregistré l'an dernier un nombre de naissances légèrement inférieur à celui de 2001, révèle l'INSEE dans son bilan démographique 2002 publié mercredi.
Selon l'Institut national de la statistique et des études économiques, la population française représente actuellement 16% de la population européenne, derrière l'Allemagne (82,6 millions d'habitants). En 2004, lorsque l'Union accueillera 10 nouveaux pays en son sein, sa population devrait dépasser celle des Etats-Unis (279 millions) et de la Fédération de Russie (145 millions) réunis. En effet, pour 2003, la population des 25 pays s'élève à 455 millions d'habitants.

Age moyen : 29,4 ans

Malgré les rumeurs de nouveau baby-boom depuis l'an 2000, l'INSEE a constaté que la France avait enregistré l'an passé une légère diminution des naissances: 795.700 bébés sont nés en 2002, soit 8.000 de moins qu'en 2001. Les femmes mettent au monde en moyenne autant d'enfants que les années précédentes (190 enfants pour 100 femmes), mais elles sont moins nombreuses à donner la vie et aussi, plus généralement, moins nombreuses en âge de procréer: ce sont les femmes de 20 à 40 ans qui mettent au monde 96% des bébés.
«L'augmentation de la fécondité chez les jeunes femmes, qui était le phénomène marquant depuis deux ans, s'interrompt également», explique Lionel Doisneau, de la division Enquêtes et études démographiques, dans l'étude. «La fécondité des femmes de moins de 30 ans diminue de 1,7% en 2002 alors que celle des femmes de 30 ans et plus poursuit son augmentation (+1,5%)».
En moyenne, les Françaises ont accouché à l'âge de 29,4 ans en 2002, contre l'âge de 29,3 ans entre 1998 et 2001. Elles sont toujours les Européennes les plus fécondes...derrière les Irlandaises (198 enfants pour 100 femmes en 2001), et loin devant la moyenne européenne (147 enfants pour 100 femmes). Le taux de mortalité infantile continue de baisser pour atteindre le taux le plus bas jamais observé: 4,3 décès pour 1.000 naissances en 2002 contre 4,6 en 2001 et 6 en 1994.

16% de plus de 65 ans

Et la population française continue de vieillir: les personnes de 65 ans et plus représentent 16% de la population, tandis que la part des moins de 20 ans diminue toujours (25,4% en 2003 contre 25,5% en 2002 et 25,7% en 2001).
Quelque 550.200 Français sont morts en 2002, contre 542.000 en 2001. Une augmentation que l'INSEE impute en partie à l'importante épidémie de grippe de l'hiver 2001-2002. Avec un solde migratoire en hausse et un accroissement naturel à 246.000 personnes, l'excédent total de population, c'est-à-dire la croissance démographique, atteint 313.000 personnes. Il dépasse le seuil des 300.000 pour la troisième année consécutive.
Les Françaises vivent toujours bien plus longtemps que les Français et que la moyenne des Européennes. L'espérance de vie à la naissance se stabilise pour les femmes (82,8 ans) et progresse pour les hommes pour atteindre 75,6 ans, soit une augmentation de deux ans depuis 1994 contre seulement un an pour les femmes.
Après le pic de l'an 2000, le nombre de mariages a lui aussi diminué pour retrouver un niveau voisin des années 1996-1998: 288.000 unions ont été célébrées l'an passé, soit 8.000 de moins qu'en 2001 (-3%), mais le nombre de Pacs augmente (17.000 sur les neuf premiers mois de 2002, soit 25% de plus que sur la même période l'année précédente). Dans le même temps, le nombre d'enfants nés hors-mariage continue de progresser. Ils étaient 360.000 en 2001 (45% des naissances et 57% des premiers enfants).

" Un bébé égale presque un point de croissance"

"Chaque nouveau bébé, c'est bien sûr d'abord une joie: c'est aussi un atout économique pour le pays, presque un point de croissance", a affirmé le ministre délégué à la Famille, Christian Jacob, dans un entretien publié ce mercredi par le quotidien Le Figaro après la parution du bilan de l'Insee.
"On oppose souvent la politique familiale, qui interfère dans le champs privé, à la politique démographique qui mise plus sur le collectif. Je crois que notre objectif clairement nataliste doit conjuguer les deux approches", indique le ministre.
Pour "faire prendre conscience que la natalité est un enjeu d'intérêt national", Christian Jacob affirme qu'une "démarche politique inlassablement répétée (...) sera amplifiée si, outre les vecteurs d'opinion traditionnels, le relais est pris par l'Education nationale dans ses programmes, l'Université en relançant avec vigueur les études démographiques et la démographie historique et les instituts de la statistique qui doivent privilégier la recherche de données exactes afin de mieux mesurer l'ampleur du phénomène".
"Il ne peut pas y avoir de développement durable sans enfants", conclut-il. (AP)

PUBLIÉ PAR ericjeanloicbreton | le 2003-01-29 12:11:48
Permalien | Ajouter un commentaire |

Menu
Un blogue de
Liens
Catégories

Un blogue Divers par Mon Blogue.com