| FRANCE(du 18/11/2002 au 02/02/2003)(fin de la deuxième partie) par ERIC JL BRETON |
Publié le vendredi 31 janvier 2003Vendredi 31 janvier 2003 AZF
Quinze minutes avant l'explosion, une benne est déversée dans le hangar 221. Que contenait-elle ? Elle demeure introuvable. Jean-Michel Décugis, Christophe Labbé, François Malye et Catherine Lagrange
Total a-t-il pleinement coopéré à l'enquête sur l'explosion de l'usine AZF ? Le 23 septembre 2001,48 heures seulement après la catastrophe, les membres de la commission d'enquête interne de TotalFinaElf interrogent longuement un homme, G. F. , qu'ils soupçonnent d'avoir provoqué accidentellement l'explosion : « Je ne sais pas ce qui a été dit au cours de leur conversation, mais G. F. nous a rejoints une heure après en larmes, car il avait le sentiment qu'on l'impliquait dans la cause de l'explo- sion », confie sur procès-verbal, le 12 juin 2002, l'un des supérieurs de G. F. Des soupçons que Total se serait bien gardé de faire partager à la police judiciaire. Ce n'est que le 27 novem-bre, soit près de neuf semaines plus tard, que le SRPJ comprendra le rôle clé probablement joué par G. F. : quinze minutes avant le drame, ce manutentionnaire d'une société sous-traitante a déversé une benne dans le sas du hangar 221 où s'est produite l'explosion. Que contenait cette benne blanche ? Dans son audition du 27 novembre 2001, G. F. affirme qu'il s'agit de 500 kilos d'ammonitrates provenant d'un grand sac éventré, récupéré dans le « demi-grand », le hangar où étaient entreposés pêle-mêle tous les sacs de l'usine destinés au recyclage. En fait, les policiers se demandent s'il ne s'agissait pas plutôt de produits chlorés, dont le laboratoire de police scientifique de Toulouse a découvert des résidus dans le demi-grand, censé pourtant ne contenir que de l'ammonitrate et de l'urée. Or on sait que le contact du chlore avec des ammonitrates souillés, comme ceux du hangar 221, peut entraîner une explosion. Pour en avoir le coeur net, les enquêteurs auraient bien voulu analyser les traces laissées dans la benne blanche. Mais cette dernière est aujourd'hui introuvable. Elle a pourtant été déposée quelques minutes avant le drame sur une aire de stockage située hors de portée de l'explosion. Interrogé par Le Point, G. F. indique : « Je sais que deux jours après la catastrophe, la benne était là où je l'avais déposée. Mais, quand je suis revenu en novembre avec la PJ, elle avait changé de place. » Impossible dès lors pour les policiers d'identifier la benne blanche parmi les quarante autres que possède l'entreprise. « Comme je l'ai dit à la police, cette benne blanche, deux jours après, il aurait été possible de la retrouver. Mais trois mois après c'était impossible. » Interrogé par Le Point, TotalFinaElf fait valoir que la « benne a aussitôt resservi pour déblayer les débris de la catastrophe ». Bizarrement, le rapport d'étape de la commission interne de TotalFinaElf, daté du 18 mars 2002, qui écarte la « piste du chlore », évoque à peine cette mystérieuse benne blanche. Quelques jours après la catastrophe, le bâtiment demi-grand est fouillé de fond en comble par la commission interne de Total FinaElf. « J'ai constaté que tous les sacs avaient été chamboulés. Il m'a paru bizarre que cela ait été fait sans moi, car je connaissais très bien ce bâtiment. Apparemment, cette commission cherchait le sac que j'avais manipulé le 21 septembre 2001 », explique G. F. aux enquêteurs lors de sa gar-de à vue, le 11 juin 2002. En fait, la police n'a apposé les scellés sur le bâtiment demi-grand que plusieurs semaines après l'explosion. Pour réfuter « la piste du chlore » privilégiée par les enquêteurs, TotalFinaElf affirme que G. F. n'a pu confondre ammonitrates et produits chlorés, en raison de la forte odeur dégagée par ces derniers. Et d'invoquer l'échec de la reconstitution organisée les 9 et 11 octobre 2002. Sauf qu'il existe des doutes sur la vraie nature du produit chloré fourni ce jour-là par Grande-Paroisse. Les experts viennent d'ailleurs de rendre au juge d'instruction, Thierry Perriquet, un rapport de 80 pages qui pointe du doigt ce problème et remet en question la crédibilité de la reconstitution. Autant dire que l'origine accidentelle de la catastrophe s'impose plus que jamais dans la tête des enquêteurs et des experts. Réagissant aux articles de L'Express, du Figaro et de Valeurs actuelles, qui relancent la thèse de l'attentat, le ministre de la Justice, Dominique Perben, a réaffirmé, le 25 janvier lors d'une conférence de pres-se, qu'« aucune piste n'a été et ne sera négligée ». Quant à la rumeur selon laquelle la section antiterroriste du parquet de Paris serait saisie, elle a fait long feu - Permalien | Ajouter un commentaire | Vendredi 31 janvier 2003 interview de francois fillon
Le ministre des Affaires sociales et de l'Intégration doit aujourd'hui, par sa présence à la sous-préfecture de Mantes-la-Jolie (Yvelines), solenniser une remise de décrets de naturalisation à quatre-vingt-dix étrangers. Pour Le Figaro, François Fillon détaille les grands axes de la politique gouvernementale en faveur des immigrés et de leurs enfants. Propos recueillis par Cécilia Gabizon et Thierry Portes [31 janvier 2003] LE FIGARO. – Reformer un comité interministériel à l'intégration, plus de dix années après sa disparition, n'est-ce pas l'aveu d'un échec des politiques publiques dans ce domaine? François FILLON. – De fait, ce comité interministériel, créé en 1989, n'a jamais été réuni depuis 1990, ce qui en dit long sur la panne des politiques d'intégration dans notre pays. Il se réunira en mars sous l'autorité du premier ministre. En effet, plus on avance dans la coopération européenne, dans la mondialisation de l'économie et des cultures, plus on a besoin d'affirmer une identité nationale forte et solidaire. Cela passe notamment par l'intégration des étrangers vivant régulièrement sur notre territoire. C'est une question existentielle pour notre pays. La France a besoin d'une immigration légale mais accompagnée et intégrée dans un projet républicain. Quelles tâches vont être confiées à ce nouveau comité à l'intégration? Il lui reviendra d'articuler et de suivre la politique d'intégration, initiée à Troyes par le président de la République. Cette politique repose sur trois grandes idées: un contrat d'accueil et d'intégration – qui fixera les droits et les devoirs pour les nouveaux arrivants dans notre pays, c'est-à-dire pour à peu près cent mille personnes par an; une politique de promotion sociale et professionnelle; enfin, la mise en place de l'autorité indépendante pour l'égalité de traitement et la lutte contre les discriminations. Sur l'ensemble de cette politique, le comité interministériel à l'intégration procédera chaque année à une évaluation publique de son travail. En quoi la politique d'intégration de la droite se différenciera-t-elle de la politique d'intégration de la gauche? Le discours n'est pas le même. La France n'a pas à mettre son drapeau dans la poche. Nous mettons sans complexe l'accent sur les valeurs républicaines et nationales. Nous récusons l'approche communautariste. Quelle que soit l'origine, la couleur de la peau, nous sommes d'abord et avant tout français! La gauche, mue par une certaine mauvaise conscience, hésitait face à la question de l'intégration. Elle promouvait une forme de multiculturalisme, concevait des mesures catégorielles pour tel ou tel groupe, ce qui a abouti à une forme de repli identitaire. Nous cherchons, à l'inverse, à leur montrer qu'il y a une grande fierté à intégrer la République. Concrètement, comment pourrait s'illustrer ce discours? C'est non aux quotas, non à la discrimination positive, mais oui à un coup de pouce destiné à faciliter l'intégration des immigrés et de leurs enfants dans une société qui, si elle les a acceptés, reste inégalitaire. Cette politique se traduira par du soutien scolaire et l'apprentissage de la langue; par la délivrance de bourses; par des aides à la préparation des concours publics pour les jeunes des quartiers populaires, dont une grande partie est issue de l'immigration. Beaucoup d'entre eux sont tout à fait capables de réussir les concours de la fonction publique, mais trop souvent ils ne s'y présentent pas, ils ne sont pas orientés vers ces métiers, ils ne sentent pas concernés par cette offre. Il est important que des jeunes issus de l'immigration deviennent policiers, enseignants, ou travaillent dans les collectivités locales. Les services publics doivent être à l'image de la France. Parallèlement, une politique efficace de parrainage dans les entreprises doit accompagner ce mouvement de promotion. En 2002, moins de quinze mille de ces parrainages ont été effectués. Nous allons mobiliser tous les services de l'Etat, l'éducation notamment, et puis – et ce sera une première –, associer les partenaires sociaux. L'exemple fourni par l'Institut des sciences politiques de Paris, qui a pratiqué une forme de discrimination positive, peut-il, selon vous, être généralisé? L'exemple de Sciences po n'est pas négatif quant au résultat, mais ce n'est qu'un exemple d'où ne peut découler aucune règle générale. Combien va coûter le dispositif d'accueil et d'intégration des nouveaux arrivants, et comment allez-vous le mettre en place? Près de 100 millions d'euros seront consacrés au contrat d'accueil et d'intégration. Nous allons expérimenter ce dispositif dans plusieurs départements à partir du mois de juin. Il sera piloté par les préfets et les DDASS. Ensuite, en fonction des résultats, on étendra ce dispositif, tout en mettant en place des plates-formes régionales d'accueil de l'OMI pour les nouveaux arrivants disposant d'un titre de séjour. On compte aujourd'hui dix plates-formes. Nous en aurons quinze à la fin de l'année. Fin 2004, toutes les régions seront couvertes, et nous pourrons généraliser le contrat d'intégration. Quelle définition donnerez-vous au contrat d'intégration? Comme tout contrat, il comporte des obligations réciproques. Nous offrons des prestations linguistiques, sociales, et un accompagnement personnalisé. En échange, les étrangers qui signeront ce contrat devront suivre des cours de français et une instruction civique. La signature du contrat doit avoir une forte valeur symbolique. Et peut-être faudra-t-il conditionner la délivrance de la carte de résident à la maîtrise du français. Quand sera mise en place l'Autorité indépendante pour l'égalité des chances et la lutte contre les discriminations? Nous sommes en train de préparer un projet de loi, avec les ministères de l'Intérieur et de la Justice. Nous nous inspirons du modèle belge, qui existe depuis 1993, et qui traite à peu près mille cinq cents dossiers par an. L'Autorité contre les discriminations doit disposer d'un pouvoir de recommandation, d'enquête, voire de saisine de l'ensemble des juridictions civiles et pénales. Le Geld (Groupe d'étude et de lutte contre les discriminations), qui a déjà commencé sa reconversion, sera la base budgétaire de cette autorité. Après consultations des magistrats, des spécialistes et des associations de lutte contre toutes les formes de discrimination, un texte de loi devrait être présenté au second semestre devant le Parlement, l'Autorité indépendante devant être opérationnelle en 2004. Cette loi pourrait aussi prévoir des dispositions en matière d'intégration. Ce serait la première loi sur l'intégration en France! PUBLIÉ PAR ericjeanloicbreton | le 2003-01-31 12:24:00 Permalien | Ajouter un commentaire | Vendredi 31 janvier 2003 FONCTION PUBLIQUE Transferts de personnels associés à la décentralisation de nouvelles compétences au profit des collectivités locales devant les organisations syndicales représentatives des fonctionnaires - le jeudi 30 janvier 2003 PUBLIÉ PAR ericjeanloicbreton | le 2003-01-31 12:12:51Permalien | Ajouter un commentaire | |
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