FRANCE(du 18/11/2002 au 02/02/2003)(fin de la deuxième partie)
par ERIC JL BRETON

Publié le dimanche 2 février 2003



Dimanche 2 février 2003

EXPORTATION DE MINEURS CHINOIS

L’exportation des mineurs chinois

A Paris ou en Seine-Saint-Denis, les tribunaux et l’Aide sociale à l’enfance sont débordés.
 
Wang Suibian en sait beaucoup plus. Il n’y a qu’à le voir sourire. Malin. Mais il ne dira que le minimum. Qu’il a 17ans. Qu’il était sans travail en Chine. Que son départ vers Paris, c’était presque une évidence. Chez les Wenzhous, habitants d’une province du sud de Shanghai, l’expatriation, c’est une tradition. Il est arrivé il y a quelques mois. Ils étaient près de dix adolescents à avoir pris l’avion ensemble. Avec eux, un adulte, un «accompagnateur», «qui s’est occupé de tout». Y compris de le conduire chez d’anciens voisins, à Belleville. Après un mois, il a été déposé comme un enfant trouvé sur le trottoir, devant le tribunal de Bobigny, en Seine-Saint-Denis. Aujourd’hui, il vit dans une famille d’accueil, suit des cours de français, à la charge de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) du 93. «Je suis content, je voudrais rester.» Ici, Wang Suibian est un «mineur isolé étranger» (MIE).
Comme lui, depuis deux ans, des centaines d’adolescents de toutes origines débarquent. Et se retrouvent à la charge des différentes ASE de la région, principalement celles de Paris et du 93. En 2001, plus de 53% de ces mineurs isolés étrangers étaient accueillis en Ile-de-France. Un système qui soulage les familles, engraisse les mafieux, encombre les tribunaux, prend de court les services sociaux et désarme les pouvoirs publics.
Car il suffit d’être pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance, même une seule journée, et c’est gagné: un mineur isolé a le droit de demander la nationalité française. Accordée de façon quasi automatique. Les réseaux de passeurs chinois, les «têtes de serpents», sont de véritables experts en législation française. Ils ne vendent pas seulement à la famille un aller simple pour ces enfants, mais tout le package: discours à servir, papiers à présenter, et la nationalité en fin de parcours. Mieux: les parents de ces mineurs devenus français savent que, depuis la loi Chevènement de 1998, ils peuvent eux-mêmes prétendre à un titre de séjour.
«Les Chinois restent la première nationalité représentée», précise Dominique Giorgi, le directeur de l’ASE de Paris. En 2002, 122 jeunes ont été pris en charge, soit 16,5% du total. Ils n’étaient que 14 en 1999. Bilan : «Nous sommes arrivés à la limite de nos capacités d’accueil», explique Gisèle Stievenard, adjointe chargée de la solidarité et des affaires sociales à la Mairie de Paris. En quatre ans, l’ASE de la capitale a accueilli quatre fois plus de MIE. Le budget (pour les enfants français et étrangers) est passé de 8millions d’euros en 2001 à plus de 10 millions en 2002. C’est surtout le nombre de places en hébergement d’urgence (lieux d’accueil temporaire) qu’il a fallu augmenter rapidement. Certains enfants se sont retrouvés à l’hôtel. Dans le 93, «75% des places de foyers sont occupées par des mineurs isolés étrangers, souligne Claude Romeo de l’ASE. Parfois nous devons même mettre des matelas par terre.» Recrutement d’assistantes maternelles (familles d’accueil), nouvelles places d’hébergement… Les mairies s’inquiètent. Il y a quelques semaines, Bertrand Delanoë a écrit une lettre au Premier ministre afin de réclamer de l’aide. Sans réponse.
Les tribunaux, eux, s’essoufflent. L’an dernier, le tribunal de Bobigny faisait circuler cette note interne: «Ces jeunes [asiatiques] font peser sur la juridiction et l’ASE de Seine-Saint-Denis une pression difficilement supportable. Il a donc été décidé […] de faire raccompagner ces jeunes à Paris pour être pris en charge […] par le dispositif parisien, pour protection éventuelle et enquête. […] Un taxi sera requis qui conduira le jeune […] jusqu’à Paris.» Bref, on se refile les mineurs immigrés, façon patate chaude. L’ASE de Paris et le tribunal de Bobigny ont été les premiers à subir cette nouvelle immigration organisée.Bobigny a bonne presse au pays des Wenzhous. Les enfants s’y présentent parfois directement, munis de tous les papiers nécessaires (acte de naissance, demande de prise en charge…), le tout déjà traduit en français ! Efficace. Quoique… Les magistrats s’agacent: «Nous sommes instrumentalisés», souligne Jean-Pierre Rosenczveig, le président du tribunal pour enfants de Bobigny. Comment ne pas provoquer un appel d’air en prenant en charge tous les enfants qui se présentent et ainsi encourager les réseaux, tout en protégeant les enfants qui sont réellement en danger? Pas simple… Déboussolés, les tribunaux font le yo-yo. Un mois, ils sont magnanimes. Le suivant, ils serrent la vis. «L’ensemble devient incohérent et injuste», admet Jean-Pierre Rosenczveig. Et les sautes d’humeur des salles d’audience font vite le tour. Ainsi, lorsque Bobigny se fâche, les passeurs envoient leurs «clients» ailleurs: à Créteil ou à Evry. «Il faut définir des critères pour déterminer si l’adolescent est en danger véritable. Du cas par cas, explique Isabelle Maistre, substitut du parquet des mineurs de Créteil, qui a vu pour la première fois l’an dernier arriver des groupes de Chinois. Il faut examiner les conditions d’arrivée. Procéder à un "âge osseux" [examen médical qui doit déterminer l’âge exact du jeune]. Nous en avons refusé plusieurs.» A Bobigny, les juges ont reçu des Chinois munis d’un téléphone portable et cornaqués par des avocats ! «Face au refus, certains ados nous répondent: "Mais j’avais payé pour avoir une place en foyer !" En rejetant certains jeunes, nous essayons de créer un rapport de force et d’insécuriser les filières»,poursuit Jean-Pierre Rosenczveig.
Louise Couvelaire

 
Mobilisation générale des services publics
 
Les mineurs chinois isolés ne sont pas les seuls à débarquer. En 2002, 847 jeunes étrangers ont été pris en charge à Paris (soit plus de 11% des enfants accueillis sur la capitale), dont 16,3% de Congolais et 14% de Roumains. En 2000, ils n’étaient que 292. Même chose en Seine-Saint-Denis : en 1998 ils étaient 90, cette année, ils sont 370, dont 41% d’Africains, 30% de Chinois et 13,6% de Roumains. Ces derniers sont nettement moins organisés et échappent même souvent aux services spécialisés. «Ils ne cherchent pas à être protégés, note Dominique Giorgi, de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) de Paris. Des réseaux les font venir pour qu’ils se livrent à des activités de petite délinquance.» En général, ils sont repérés dans la rue, mais fuguent à peine accueillis dans un foyer. «Ces Roumains quittent les lieux entre dix minutes et une heure après leur arrivée: au total, 60% d’entre eux fuguent dans les huit jours», a constaté Claude Romeo, de l’ASE du 93. Les Africains, eux, ne se présentent pas forcément de leur propre chef aux institutions mais, une fois récupérés, beaucoup acceptent de rester. La cour d’appel de Paris a créé un groupe de travail. Les mairies, les ASE, les tribunaux… Tout le monde participe. Pour la première fois… L. C.



PUBLIÉ PAR ericjeanloicbreton | le 2003-02-02 08:14:24
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Dimanche 2 février 2003

EDUCATION
La Plaine-Saint-Denis (93)

La classe des "français 2e langue"

Ils ont entre 12 et 16 ans. Ils viennent d’arriver en France et sont analphabètes.
 

 
Hôpital de Gonesse (95) "Plus de la moitié de mes patients séropositifs sont africains."
 
Près d’un quart des nouveaux cas de sida dépistés en France concernent des Africains subsahariens. Un chiffre bien plus important encore en Ile-de-France: «Plus de la moitié de mes patients», constate le docteur Troisvallets à l’hôpital de Gonesse. Parmi eux, une bonne part de sans-papiers et de nouveaux migrants, Ivoiriens, Congolais ou Maliens. Un tiers des séropositifs africains d’Ile-de-France aurait immigré après 1998, souvent sans se savoir malade. Alors comment éviter le désastre sanitaire quand ils fuient les hôpitaux par crainte d’être repérés? «En leur parlant de ce qui les préoccupe», répond José, responsable de l’association Bondeko à l’hôpital de Gonesse. Depuis trois ans, il suit les séropositifs africains dans leurs démarches, cinq jours par semaine. Régularisation, allocations, suivi du traitement, le travail relève du médical autant que du social, car la législation française reconnaît à tous un droit aux soins quand ils sont impossibles dans le pays d’origine. Un droit dont la gratuité est remise en cause par le Sénat qui veut instaurer un ticket modérateur. Une mesure inadaptée, quand le dénuement est tel que José demande : «Comment prendre ses médicaments quand on n’a pas mangé de la journée? »
Emmanuelle Philippart
Les présentations se font dans le coin discussion, assis en cercle. «Bonjour, je m’appelle Drissa, j’ai 13 ans, je suis sénégalais», «Je m’appelle Samia, j’ai 14 ans, je viens d’Algérie» (1). Au tour d’Onika, 14 ans, petite Malienne aux cheveux tressés et au jean délavé, débarquée en France il y a quatre mois. C’est son deuxième jour d’école. Elle ne parle pas français, mais doit imiter ses camarades: «Onika je m’appelle». Le professeur, Christophe Simon, la corrige, l’encourage. A 28 ans, il est arrivé à la rentrée dernière au collège public Iqbal-Masih, au cœur de La Plaine-Saint-Denis. Comme titulaire d’une classe NSA, destinée aux enfants «non scolarisés antérieurement» (ou très peu) dans leur pays d’origine.
Depuis les années 70, il existait déjà, pour les non-francophones ou pour ceux qui ne savent ni lire ni écrire le français, des classes d’initiation (CLIN, pour les 7 à 11ans) et d’accueil (CLA, pour les 12 à 16 ans). Que les jeunes soient ou non en situation régulière. «Mais on s’est retrouvé avec des enfants qui n’avaient jamais tenu un crayon, explique Françoise Dubrana, la principale du collège. Ce sont des cas de figure qu’on n’avait pas imaginés il y a dix ans.» Dans l’académie de Créteil, une dizaine de classes NSA ont vu le jour, dont huit en Seine-Saint-Denis (2). «Il en faudrait encore plus», glissent les professeurs. Au collège Iqbal-Masih, la NSA a été ouverte il y a trois ans, en complément d’une classe d’accueil classique.
Dans le cours de «Monsieur Simon», ils sont quinze, arrivés en majorité du Mali et d’Algérie, mais aussi du Congo, du Cameroun ou du Bangladesh. Ils ont entre 12 et 16 ans et portent des baskets à la mode. Des ados avec des mots d’enfants, passés sans transition de leur village d’Afrique ou des drames de l’Algérie au bitume de Seine-Saint-Denis. Leur langue maternelle, c’est l’arabe, le bengali ou encore le bambara. Comme Onika, la petite nouvelle, orientée en classe NSA après un test au Centre d’information et d’orientation, qui concluait qu’elle «ne reconnaissait aucune langue» (sic!) et que, pour compter, elle «dessinait des croix». Pourquoi sont-ils là? Ahmadou n’a pas encore 16 ans, il a quitté le Mali et rejoint son père en France quand sa grand-mère, qui l’élevait, est morte. Avec son frère, il travaillait «dans la forêt». Mehdi, un petit rigolo haut comme trois pommes, a quitté l’Algérie : «On est parti à cause de chez nous et tout ça. On est venu en France pour faire notre maison.» Les autres le vannent : «Et pour faire les papiers!» Il y a aussi Nasir, qui ne sait dire que l’essentiel: «Bangladesh, problèmes. Papa, problèmes.»
En un ou deux ans, l’objectif est de les alphabétiser, de faire du français leur deuxième langue. En plus des douze heures avec Christophe Simon, ils suivent des cours de maths, de géographie, de sport, de musique, d’arts plastiques et de sciences de la vie et de la terre. Mehdi : «Moi, tout ce que j’aime, c’est les trucs sur le corps, la bouche, les intestins grêles». Ce matin, on apprend les saisons : les uns doivent écrire une phrase, «l’hiver, c’est blanc parce qu’il neige», les autres reconnaître l’été sur un petit dessin. Dès que l’exercice est fini, tous sautent sur le professeur pour lui montrer. Après? Certains rejoindront un cursus ordinaire au collège, d’autres une classe adaptée au lycée. A partir de 16 ans, la Mission d’insertion de l’Education nationale peut les prendre en charge et les orienter vers des plate-formes linguistiques ou une formation professionnelle.
Cet après-midi, après les frites de la cantine, le professeur improvise une séance de chant. Rita, une Guinéenne de 14 ans, connaît toutes les chansons de Lorie. Yacouba chante en bambara, Nasir en bengali. Aziz, qui aimerait «apprendre le piano, Inch’Allah», sort son écharpe aux couleurs de l’Algérie pour entonner un air traditionnel arabe.
Clou du spectacle: Drissa se lance, du haut de ses 13ans et de son 1,30 mètre, tape dans ses mains, comme pour chauffer la salle, fait un tour sur lui-même et attaque le refrain : «Chantez la belle Afrique… Chantez la forêt, le riz et le mouton».
Maël Thierry

(1) Les prénoms ont été modifiés.
(2) En 2000-2001, l'académie de Créteil comptait 88 CLIN et 78 CLA.



PUBLIÉ PAR ericjeanloicbreton | le 2003-02-02 08:12:47
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Dimanche 2 février 2003

FONCTIONNAIRES

31   janvier  2003
Transferts de personnels : le gouvernement propose une période transitoire pendant laquelle les agents de l'Etat seraient mis à disposition des collectivités locales

La majorité des syndicats de la Fonction publique ont refusé jeudi de discuter avec leur ministre Jean-Paul Delevoye, des modalités de transfert de fonctionnaires dans le cadre de la décentralisation, tant que ne seraient pas connus les missions et le nombre de personnels transférés.
Les premiers transferts de compétence seront effectifs au 1er janvier 2004, a récemment indiqué le ministre délégué aux Libertés locales, Patrick Devedjian.
"La réunion avec le ministre de la Fonction publique a tourné court car la majorité des syndicats ont refusé d'entrer dans la discussion proposée sur la définition des règles générales concernant les transferts de personnels", a expliqué à l'AFP Gérard Aschiéri (FSU, premier syndicat de la Fonction publique d'Etat).
"Il n'est pas pertinent d'avoir une discussion sur les garanties statutaires des personnels qui vont être transférés, sans avoir la moindre idée du nombre de ces transferts, ou sur le devenir des missions et des services", a souligné M. Aschiéri, pour lequel "M. Delevoye a tenté de déminer en proposant la tenue de discussions bilatérales".
"Le ministre a été assez surpris du vent de fronde des organisations syndicales. Les bilatérales sont un moyen de sauver la face", renchérit Michel Picard (CFTC), pour lequel "il y a un problème de fond et de méthode".
Le ministère de la Fonction publique a présenté "un scénario" en deux temps: dès l'entrée en vigueur des lois de décentralisation, une période transitoire pendant laquelle les agents seraient mis à disposition des collectivités locales, puis le choix entre une intégration dans la Fonction publique territoriale et un détachement de longue durée.
Le ministre a annoncé que la concertation sur cette question se poursuivrait au niveau local. Les associations d’élus locaux (AMF, ADF, ARF) seront « prochainement consultées ».

PUBLIÉ PAR ericjeanloicbreton | le 2003-02-02 08:05:38
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Dimanche 2 février 2003

MARIAGE BLANC

31   janvier  2003
Dominique Perben annonce aux députés une circulaire sur les « mariages blancs »

Une circulaire sur la question des « mariages blancs » va bientôt être publiée, a indiqué hier Dominique Perben, ministre de la justice aux députés, lors de la séance des questions au gouvernement. Ce texte, a-t-il précisé, « engage le Parquet à poursuivre chaque fois qu'il y a fraude ».
En réponse à Françoise de Panafieu, député-maire du XVII ème arrondissement de Paris, il a indiqué qu’il comprend « les maires qui, dans ce cas, peuvent se sentir complices d'une situation qu'ils pressentent irrégulière. »
Il « souhaite également que la coopération entre le Parquet et la police permette - dans le délai légal d'un mois - de faire l'enquête nécessaire. Nous devrons aller plus loin, mais en respectant la jurisprudence du Conseil constitutionnel qui, en 1993, a posé le principe que le mariage est une liberté publique. »
Il estime néanmoins « que le délai d'un mois est problématique. Il faut que nous examinions comment le Parquet peut le prolonger pour qu'une enquête puisse déterminer s'il y a fraude ou non. Nous savons que des réseaux utilisent des individus pour gagner de l'argent et organisent le mariage comme un trafic. »
Selon la députée, dans le XVII ème arrondissement parisien, en 2002, sur 871 mariages célébrés, 190 posaient problème. «Depuis la suppression, en 1981, de l'autorisation donnée par le préfet pour le mariage des étrangers, aucune règle n'est venue combler un vide dont profitent les filières de l'immigration clandestine. Le certificat de mariage est en effet un document précieux pour obtenir des cartes de séjour et la nationalité française. », a-t-elle commenté.

PUBLIÉ PAR ericjeanloicbreton | le 2003-02-02 08:02:09
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Dimanche 2 février 2003

PARIS
Musée des Arts d'Afrique et d'Océanie : on ferme

C'ÉTAIT LE MAAO. Le musée des Arts d'Afrique et d'Océanie (XII e ) fermera ses portes ce soir. Cet imposant bâtiment vieux de soixante-douze ans, qui trône à l'orée du bois de Vincennes, sera dans quelques jours vidé de ses collections. Celles-ci seront transférées dans les réserves du musée du quai Branly, qui doit ouvrir en… 2005. Comme un dernier hommage, les visiteurs sont nombreux à visiter le MAAO cette semaine. Entre les moutons de poussière filant sur le parquet, les hauts murs ivoire et bleu fatigués par les ans, se croisent groupes d'enfants, jeunes croquistes et photographes. Ce musée à l'atmosphère si particulière, dont l'architecture art déco est restée telle que dans les années trente, reste le symbole de l'époque coloniale. Et les visiteurs y sont attachés. Simplement installées par terre, un cahier de notes à la main, Stéphanie et Anne-Sophie, toutes deux étudiantes en histoire de l'art, se reprochent d'avoir attendu le dernier moment pour étudier les pièces du MAAO. « Nous sommes déjà venues il y a quelques semaines et il y avait beaucoup moins de monde qu'aujourd'hui. Cela contribuait au charme du lieu. J'aime venir ici, traverser le parc sous la rosée matinale », explique Stéphanie.

Des travaux prévus en 2005

Après de longs mois de polémique opposant les défenseurs du MAAO aux futurs dirigeants du musée du quai Branly, la page du musée des Arts d'Afrique et d'Océanie se tournera définitivement aujourd'hui. Pour ceux et celles qui ont travaillé un jour dans ce musée, cette fermeture anticipée tient de « l'absurde ». « C'est une ineptie. Sous-estimer un édifice comme le MAAO, qui est le seul musée de cette envergure dans l'est parisien, c'est scandaleux », commente un employé. Jean-Jacques Aillagon, ministre de la Culture, doit justement s'expliquer, ce matin, à 11 heures, sur place. A l'automne 2003, le site de l'avenue Daumesnil accueillera à nouveau une exposition dans le cadre des manifestations culturelles franco-chinoises. L'Institut français d'architecture et les services du Musée des monuments français s'installeront provisoirement dans les étages. Et la rénovation du musée pourrait débuter en 2005. Objectif : créer un nouveau musée des Arts décoratifs, porte Dorée. Maxime et ses deux amies, dont c'est la deuxième visite, sont parmi les derniers visiteurs à s'attarder : « Je suis bouleversé par ce que je viens de voir. Ces masques et leurs représentations de la nature sont si émouvants. Je viens juste de découvrir ce musée. Je reviendrai plus tard voir ce qu'il est devenu. »

Marie Ottavi


Le Parisien, vendredi 31 janvier 2003

liste des articles


Proxénétisme/
IX e




Encore un salon épinglé


UN TROISIEME SALON de massage vient d'être démantelé dans le IX e arrondissement. La rue Rodier et la rue de La Tour-d'Auvergne regorgent de ces petites boutiques discrètes qui proposent officiellement et à l'abri des regards des massages thaïlandais relaxants. Cette troisième boutique, comme les deux premières, aurait offert des prestations plus sexuelles que de simples massages, prodigués par une employée qui ne gardait que 20 à 30 € sur les 100 à 130 que coûtait la séance au client. La gérante asiatique gardait l'essentiel des revenus.

656 % d'augmentation de retraits de permis de conduire

La brigade de répression de la délinquance routière ne chôme pas et ne fait pas de cadeaux. Pour preuve, le nombre de retraits de permis de conduire comptabilisé pour l'an dernier : 272 automobilistes ou motards se sont vu priver de leur sésame rose. Un an plus tôt, seuls 36 conducteurs avaient subi la même punition. Le nombre de rétentions de permis a donc augmenté de 656 % en l'espace d'une toute petite année. La nouvelle réglementation n'y est sans doute pas pour rien. Depuis le printemps 2002, les automobilistes se voient retirer immédiatement leur permis pour tout excès de vitesse supérieur à 40 km/h.

M.-A.G.


Les associations veulent lancer des passerelles au-dessus des rails

DEPUIS DIX ANS, le quartier Rive-Gauche se construit. Or, les voies de chemin de fer coupent toujours le vieux quartier du XIII e arrondissement des nouveaux bureaux du site en construction, de la BNF ou du cinéma MK2-Bibliothèque dont l'ouverture est prévue le 19 février. « Les gens s'impatientent de voir un jour des passerelles se réaliser. Les habitants ont besoin de nouveaux liens. A nous de proposer des perspectives », assure Jean-Marie Hennin, l'architecte qui vient de plancher sur des projets de franchissements, à la demande des associations locales. « Nous voulons que le dossier des passerelles devienne une priorité. Nous ne pouvons pas nous contenter de projets de dalle qui dépendent uniquement de la conjoncture immobilière », explique Fabrice Piault, de l'association Tam-Tam. Le principe de création d'une dalle coulée sur les deux kilomètres de voies, prévu à l'origine par les aménageurs, n'est plus envisagé comme « systématique », par Jean-Pierre Caffet, adjoint au maire, chargé de l'urbanisme. De quoi donner du poids à la « plate-forme » de réflexions de Jean-Marie Hennin et des associatifs.

Mettre en valeur la halle Freyssinet

Sur ses plans et croquis, pas moins de sept passerelles, reliées aux rues existantes dans l'ancien quartier du XIII e sont ainsi proposées. « Au niveau de la BNF, trois ponts de soixante mètres de large pourraient être aménagés avec des halles contemporaines et des activités économiques ou commerciales à l'intérieur. » La circulation à pied ou à vélo sera naturellement prioritaire. La halle Freyssinet, conservée aux trois quarts, serait aussi mise en valeur. Côté Austerlitz, quatre nouveaux cheminements pourraient être réalisés, dont un serait réservé au contournement de la gare par les bus. Reste, le secteur Massena. « Nous ne pourrons pas échapper à une dalle dont les travaux sont déjà bien avancés. » Deux nouvelles propositions devraient aussi structurer le quartier. L'architecte, à l'origine de la tour de la Terre, qui devait être en vedette pour les événements de l'an 2000, suggère la création d'un viaduc, au-dessus de la rue du Chevaleret. « Sur deux kilomètres, nous pourrions ainsi relier le jardin des Plantes à la petite ceinture », explique Jean-Marie Hennin. Enfin, tout le long de l'avenue de France, une grande promenade piétonne, constituées de planches sur douze mètres de large, apporterait une nouvelle identité au quartier. Une avancée sur le projet de requalification, annoncé par l'Hôtel de Ville, et qui devrait être proposé au prochain Conseil de Paris. Autant de sujets qui feront l'objet d'une réunion publique, mercredi prochain. Réunion à 20 heures, au Théâtre l'Equipe, 24, rue du Chevaleret (XIII e ). QUARTIER RIVE-GAUCHE (XIII e ), MERCREDI. A la demande d'associations locales, l'architecte Jean-Marie Hennin a conçu un projet : sept passerelles au-dessus ds voies de chemin de fer.

Eric Le Mitouard


Le Parisien, vendredi 31 janvier 2003

PUBLIÉ PAR ericjeanloicbreton | le 2003-02-02 08:01:08
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